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"Je ne fis aucune rencontre ce jour-là, et j’en fus aise ; je sortis de ma poche un petit Homère que je n’avais pas rouvert depuis mon départ de Marseille, relus trois phrases de l’Odyssée, les appris, puis trouvant un aliment suffisant dans leur rythme et m’en délectant à loisir fermai le livre et demeurai tremblant, plus vivant que je n’aurais cru qu’on pût être, et l’esprit engourdi de bonheur." Acquiescement d’Oriane (encre bleu clair apaisée) : puissance de la poésie. Quelques mots en effets suffisent parfois à nourrir complètement l’esprit et cela relève toujours pour moi de l’étonnement car cette force me reste mystérieuse. L’agencement particulier de quelques mots alors que tant de textes ne produisent rien d’autre que de la lassitude. C’est tout le problème du ver célèbre d’Apollinaire « et l’unique cordeau des trompettes marines » qui ne dit rien, ne porte vers rien et pourtant résonne indéfiniment dans l’esprit.
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